dimanche 24 février 2013

Jour 17 - La (première) boucle est bouclée

En ce 17 ème jour d'aventure au coeur de l'Ouest américain, nous nous apprêtons à finir notre première partie du voyage, et donc au programme beaucoup de route pour rejoindre Pasadena!

Histoire de bien commencer la journée, et surtout parce qu'aucune de nous ne sait si elle aura l'occasion de revenir voir ça, nous nous sommes levées avant l'aube, afin de voir le soleil se lever au-dessus du Grand Canyon.
Autant le dire de suite à 5.30 AM, il fait pas chaud du tout, donc on se couvre comme on peut:  

vraiment merci Tahiti Nui pour les couvertures!

J'ai un super style je sais, mais je m'en fous, à cette heure-ci on devrait pas croiser grand monde... Ahah, pauvre de moi! Nous n'étions pas les seules folles à vouloir admirer le sunrise; en fait, on a été étonnées de voir autant de monde:

mais qu'est-ce qu'ils font les gens???!!! il faut dormir à cette heure-ci!

Et c'était comme ça à chaque lookout dans le coin, et j'imagine dans le reste du parc! On n'a pas idée, tout ça pour un lever de soleil sur le Grand Canyon... Bah, en fait ça a de la gueule, il faut dire ce qui est. Donc pas de regrets de se geler, le spectacle en vaut la peine:

 toujours aussi impressionnant même dans la pénombre





Cette journée bien entamée, retour au camping pour remballer. Juste avant de remonter dans Santa Fe, rapide rencontre avec des bambis:


C'est la première fois que j'en parle, mais on en croise plein dans le parc: ils n'ont pas peur des touristes, ni des voitures, ils sont chez eux!

Un rapide petit-déj englouti, et on prend la route, c'est pas comme si on avait quelques 800 km à parcourir! Pas franchement le temps de s'arrêter à droite à gauche, de toute façon on a tout prévu: on fera notre pause du midi à Kingman, dans un fameux diner à l'américaine, chez Mister D'z:


Outre la Chevrolet d'époque, et les murs aux couleurs pastels, la déco intérieure et les serveuses sur patins à roulette, rappellent aussi les sixties, avec un bon vieux juke box, en état de marche:



Et pour moins de 10$, vous avez un bon burger, accompagné de bons onion rings


Malheureusement nous n'aurons pas le temps de passer par le musée consacré à la mythique Route 66. Et nous n'aurons pas non plus l'occasion d'arpenter cette route sur des milliers de km, cheveux au vent dans une Cadillac décapotable... Nous avons roulé quelques miles, jusqu'à croiser un panneau, preuve qu'on y était :)


Mais cela ne devait pas être la meilleure portion car la route n'était pas en super état, il n'y avait rien à voir sur les côtés, à part quelques boites aux lettres rassemblées par dizaine, par-ci par-là. Ce qui a eu le don de réveiller Eszter, qui nous a fait comprendre de façon très claire qu'elle voulait s'arrêter pour prendre des photos:



Après avoir rejoint l'Interstate 40, qui nous permettra de rejoindre plus rapidement LA/Pasadena, nous passons un poste de douane pour entrer en Californie. Cela aurait pu être un épisode banal, sauf que Mylène l'a rendu magique: étant au volant de Santa Fe, elle a dû répondre à la question de la douanière "Where do you come from?". Et là, réponse magnifique "uh, I don't remember!" 

Argh, c'est certainement le décalage horaire qui lui a fait oublier qu'elle était dans le Grand Canyon quelques heures auparavant!  Autant vous dire qu'on a bien rigolé, mais pas devant la madame de la douane :)

Au fur et à mesure qu'on se rapprochait de LA, on n'était de moins en moins seules sur la route, jusqu'à tomber dans un traffic jam

en 2 semaines, les gens de LA n'avaient toujours pas opté pour le covoiturage...

Les nombreuses heures sur la route dans la journée commençaient à échauffer les esprits, et heureusement nous avons rejoint Pasadena, avant tout effusion de sang ^^
Malheureusement tout le monde n'a pas pu en dire autant: Mylène a fini par se coincer le doigt dans la portière, aie... 
Mais bon elle a bien choisi son jour: quand nous retournions à la civilisation, chez notre pote Jeff, qui avait de la glace.


Et voilà, ainsi se termine la première grosse partie de ce trip: demain Gaëlle va rentrer en France, et nous autres allons entamer une deuxième boucle pour aller vers San Francisco
Et dans les deux cas, il faut refaire les sacs car après 15 jours de vadrouille, ça ressemble à plus grand chose là-dedans!

Jour 16 - My dream is to fly over the Grand Canyon, so high!

Après un réveil plus ou moins facile, la nuit ayant été assez fraîche, détour imposé par le Visitor Center pour choisir les ballades à faire, et aussi réserver un vol en hélicoptère! 

Le GC est tellement grand que des dizaines de sentiers sont dispos pour la rando, tout dépend du temps qu'on se laisse: il était malheureusement impossible d'atteindre les rives du Colorado et de remonter en une journée, tellement c'est immense! Apparemment certains s'y sont risqués, mais n'en sont pas revenus... On va rester raisonnable!

Nous avons opté pour le début du South Kaibab Trail (si mes souvenirs sont bons) et notre choix fut vite récompensé par la vue qu'on avait sur le canyon avant même de commencer à y descendre:



Si nous avons fait appel à nos bonnes vieilles chansons ENSIC pour nous motiver à Zion (cf post du jour 8), cette journée a été celle des énigmes en tout genre. A commencer par celle-ci qui a occupé les filles pendant 15 minutes facile (et encore je les aidées à la fin):
"Qu'est-ce qui se tend avec la main, passe entre les seins et s'insère dans une fente?"

Une autre, plus connue (perso, je l'avais lu dans un roman) :
"C'est mieux que Dieu, pire que le Diable, les pauvres en ont, les riches en ont besoin, et si on en mange on meurt..."

Entre deux énigmes, on n'oubliait pas d'apprécier le paysage, et on se sentait rapidement infiniment petites (même moi!) face à ce canyon:

Mylène, seule face au Grand Canyon 

C'est ensuite Eszter qui nous pose une colle avec l'histoire suivante (si je me souviens bien): 
"Un naufragé, après avoir passé plusieurs semaines sur une île déserte, est rapatrié sur terre et entre dans un restaurant. Il commande du cormoran, et dès la première bouchée, se met à pleurer... Pourquoi?"

Si son énigme nous a scotché pendant un moment, c'est la miss qui a été scotchée quleques instants plus tard (et nous aussi il faut dire), suite à la rencontre avec une amie à elle, pas vue depuis plus de 5 ans!!!! Si c'est pas une histoire de fou, ça! Au milieu du Grand Canyon, qui s'étend sur des centaines de km, sur le sentier du SKT qui en est 1 parmi des dizaines, il a fallu qu'elle tombe sur une amie d'enfance! Hallucinant! 

Bref, après cet épisode fort en émotions, nous croisons un troupeau de mules, moyen de locomotion le plus pratique pour arpenter les pentes du Grand Canyon sur plusieurs jours, sans devoir se trimballer soi-même ses affaires:

j'ai mieux compris l'expression "être chargé comme une mule"

C'est vraiment populaire, car quelques mètres plus bas, nosu avons recroisé des cowboys  à dos de mules (plutôt des muleboys du coup) :


Autre animal croisé: un prairie dog, sachant prendre la pose


Après une bonne heure de marche, nos chemins se séparent: Eszter et Mylène vont continuer la rando plus bas, quant à Gaelle et moi nous remontons au pas de course, afin de ne pas rater notre hélicoptère, ce serait dommage.
Pendant que nous remontions le coeur du canyon à grande vitesse (c'est du sport!), les deux miss ont poursuivi pendant quelques miles la descente, toujours avec une vue magnifique sur le canyon:

 
Le chemin étant fermé plus bas, elles n'avaient d'autre choix que de faire une pause; mais on les comprend, c'est pas mal de lézarder dans un cadre pareil:


Pendant ce temps-là, Gaëlle et moi étions à l'aéroport de Tusayan, à quelques km de là, et on attendait notre tour pour survoler le GC. Je ne sais pas si Gaëlle était plus ravie d'être assise à côté du pilote (veinarde!) , ou de ce que lui avait annoncé le gars à l'accueil!

Bref, retour au baptême d'hélico: ça a toujours fait partie des trucs à faire pour moi, et je ne regrette pas d'avoir attendu (même si ce n'était pas prévu à la base, je remercie donc Gaëlle d'avoir insisté). Vu les prix, on se contentera de le boucle la plus simple: 50 minutes de vol (pas mal pour un baptême), dont 20 minutes de survol au dessus du canyon:



 le Colorado qui chemine sous nos pieds


Les 15 minutes de vol entre la base et le GC nous ont permis de constater que, contrairement à ce qu'on imaginait jusqu'à la veille au soir, la forêt était abondante dans une majeure partie du parc:



Les mirettes pleines de paysages grandioses, c'est très joyeuses (le manque d'oxygène certainement...) que nous rejoignons les filles pour emprunter une des navettes gratuites et nous rendre jusqu'à Monument Creek Vista, sur le Rim Trail
N'arrivant pas à nous décider sur le meilleur spot pour admirer le sunset, on décide de remonter le Trail à pied, et puis quand ce sera le moment on fera une pause. Ainsi les énigmes ont repris, et à Eszter de nous poser une colle à nouveau:
"Roméo et Juliette sont dans un château. Ils sont retrouvés morts, avec de l'eau et des moceaux de verre à côté d'eux: que s'est-il passé?"

 le soleil qui commence à passer derrière le canyon



Une fois le soleil couché, avec le vent il ne fait pas super chaud. C'est donc pour ne pas se geler en attendant la navette que Gaëlle a décidé de tester ses talents de danseuse étoile. Je doute qu'elle ait eu moins froid, mais en tout cas cela nous a offert un bon fou rire:

Merci Gaëlle de partager tes talents en public!

Une fois rentrées, douche et diner vite avalé car demain la journée va être looooooongue, et même plus que ce qu'on imaginait...

Jour 15 - Antilopes, fer à cheval et Taylor Swift

Des antilopes?! Avec des fers à cheval? aux USA?!... De toute évidence, ce long silence "bloguistique" peut paraître suspect, mais rassurez-vous je n'en ai pas profiter pour abuser de susbtances hallucinogènes, contrairement à ce que ça laisse penser...
Aujourd'hui nous partons à la découverte des slots canyons nommés après des antilopes (ne me demandez pas pourquoi svp), puis rapide étape pour observer le plus grand fer à cheval naturel du monde (ça vous intrigue), avant d'arriver au mythique Grand Canyon bercé par la douce voix d'une chanteuse sans égal... 

Avant de démarrer cette folle journée, voici ce que nous avons pu admirer depuis la terrasse de notre bienfaiteur de la veille (Jake, remember?):

il y a pire comme vue, et en tout cas, le soleil semble de retour, great news!

1 - Antelope Canyons (et Chains Area)
Ces deux canyons (le Lower et le Upper) font partie de la famille des slots canyons, comprendre des canyons étroits, où on peut se croiser max à 2 en largeur... 

à la file indienne 


A cause de la pluie de la veille, impossible de visiter le Lower le matin comme nous l'avions prévu... Alors, suivant les conseils de Jake, nous avons passé la matinée à la "plage" de Chains Area, histoire de piquer une tête dans les eaux du Lake Powell et d'uniformiser notre bronzage (sans les traces des bretelles de sac à dos):

Chains area se situe sur la rive opposée à la Scenic Drive

il faut un peu crapahuter pour y arriver, mais avec un temps pareil c'est plutôt sympa  


 Glen canyon Dam au fond et eau limpide au premier plan

On perd très vite pied car il faut s'imaginer que nous sommes au bord d'un canyon, qui a été englouti lors de la construction du barrage. De quoi faire flipper les esprits les plus imaginatifs: et si le cousin de Nessie, planqué dans les abysses du lac, nous attendez pour se régaler? mouahahahahahahah...

Bref, après cette séance détente et une fois le lunch avalé, retour au centre de Page, pour embarquer vers Upper Antelope Canyon. Tout comme Monument Valley, les Antelope Canyons représentent un  véritable business pour la communauté Navajo locale. On ne peut s'y rendre que via une des 3 compagnies qui propose l'excursion de 1 heure environ. En arrivant sur le parking à Page, on a compris qu'on ne serait pas seules, mais ça n'était rien comparé à ce qui nous attendait sur place:

 il y avait une bonne quinzaine de pick-up à notre arrivée... 
l'entrée du canyon c'est la fente obscure au fond

C'est une véritable usine: 200 touristes à l'heure, soit quelques 2000 à la journée !!!!!  De quoi vraiment détruire tout rêve d'arpenter cette merveille de la nature tout seul, et de prendre le temps de s'imprégner des lieux pour immortaliser au mieux ce spectacle magnifique... 
A moins d'avoir les moyens de réserver  le canyon pour la journée (et donc d'indemniser les compagnies en conséquence): à 30$/personne l'excursion, je vous laisse faire le calcul... Ou alors il faut être photographe pro, et être engagé pour faire de la pub pour l'endroit comme le chanceux ayant pu prendre le cliché ci-dessous:

ça donne envie, mais ne rêver pas la probabilité qu'un touriste lambda 
puisse prendre un tel cliché s'approche de 0... 

Bref, voici quelques clichés du canyon, mais là encore rien ne vaut le live, de voir cela avec ses propres yeux ;)
La roche, sculptée par les eaux dont on imagine la violence des flots, prend différentes teintes et formes au long de la progression: orange, blanche, grise, des vaguelettes toutes douces, des pointes plus sharp, etc...






 tronc d'arbre perché à 2 mètres de haut, acheminé par des flash floods 
(on comprend pourquoi c'est fermé par temps de pluie, vu le niveau que peut atteindre l'eau...)


A peine arrivées à l'autre bout du canyon, c'est reparti pour retourner au bus, pas le temps de traîner, il y a 200 autres touristes à aller chercher à Page!

Quoiqu'il en soit, malgré la déception de n'avoir pu visiter le Lower canyon, et de n'avoir pu prendre plus de temps pour le Upper, ce détour à Antelope canyons vaut le coup. D'autant plus que les amateurs de sensations "fortes" seront enchantés par le trajet pour arriver jusqu'au canyon: je dirai juste que ça secoue... 
Allez une petite dernière pour la route:

Miracle, personne sur la photo! (timing parfait pour Mylène)

2- Horseshoe bend
A peine revenue du canyon des antilopes, on récupère Santa Fe pour aller à la recherche d'un fer à cheval, mais pas n'importe lequel.
Peut-être le plus célèbre, car formé naturellement par les eaux fougueuses du Colorado qui ont sculpté la roche au fil des années, pour donner un spectacle qui vaut le détour. Il faut compter une bonne dizaine de minutes de marche pour y arriver:

mon objectif 18mm n'a pas suffi pour tout capturer, 
à 4 mm près... mais bon c'est déjà pas trop mal :)

Après ce spot touristique, direction un endroit mythique: le Grand Canyon! Malgré les 3 heures de route qui nous en séparent, la route est agréable entre la météo, et la musique écoutée ** :


Et petit à petit, on voit le canyon se dessiner sur notre droite. Nous étions loin d'imaginer que le coin serait si "vert", et pourtant nous n'étions pas au bout de nos surprises...


Nous avions réservé une place de camping au Grand Canyon Village, en imaginant que nous dormirions dans un cadre semblable à Monument Valley... En fait, notre camping était perdu dans la forêt, perchée à plus de 2000m d'altitude! Autant dire que a nuit allait être fraîche...


Mais on avait déjà eu un avant goût dès notre arrivée dans le parc: arrivées à l'heure du sunset, nous avons fait un arrêt par Desert View, mais le vent était si fort et si froid que nous ne sommes pas restées longtemps. Juste le temps d'un cliché:

ça donne envie d'être demain! 

Une fois les tentes montées (la notre tient toujours debout), dîner avalé en vitesse et dodo "au chaud" (merci Tahiti Nui pour les couvertures, ça fait toujours une couche en plus!). 


** en 3 heures de route, si vous n'écoutez que la radio locale, vous avez de fortes chances de tomber sur un morceau régulièrement. C'est ce qui s'est passé pour nous, et depuis ce jour nous sommes fans (ironie bien sûr) de la chanteuse Taylor Swift, et de son tube planétaire "we are never getting back together".
Vous connaissez forcément, ça fait quelques semaines que ça a envahi les ondes françaises (je réalise qu'on a eu l'immense privilège de découvrir cette chanson en avant-première, lucky us! n'est-ce pas les filles????):